Ce matin nous nous sommes rendus en tuk tuk (le taxi local: une cariole attachée à une mobilette) au Musée du génocide, aussi appelé S21 durant la Kampchea Démocratique, sous les Kherms Rouges, ou Tuol Sleng. C'est dans un lycée de Phnom Penh que les KM ont décidé d'installer en 1975 ce qui fut le plus grand centre de détention et de torture du Cambodge. Quoi de plus symbolique que la reconversion d'un lycée en prison pour illustrer la politique khmère: destruction de toute intelligence et répression poussée à l'extrême. Il suffissait alors de porter des lunettes, d'avoir les cheveux longs, d'être en possesion d'un stylo ou de parler une langue étrangère pour être considéré comme intellectuel et d'être alors éliminé. Les KM se débarassaient aussi des opposants à la révolution, sans distinction faite entre hommes, femmes, enfants et étrangers. Quatre années sous ce régime entrainèrent la mort d'au moins deux millions d'habitants.
En entrant dans l'enceinte du lycée, on arrive au pied du bâtiment A, face à quatre tombes. Il s'agit des corps retrouvés dans les cellules "spéciales" (prisonniers religieux ou politiques) lorsque les Vietnamiens ont libéré la prison. A côté d'eux, se trouve les barres de tractions que les KM ont utilisé comme instrument de torture. Ils plongaient ensuite la tête de leur victime dans un seau rempli d'eau et d'engrais afin de les réanimer et de reprendre leur sale besogne. Les bâtiments sont tous composés de trois étages.
Dans le bâtiment A se trouvent des cellules de 10m sur 5m environ. Au centre de la pièce un lit en métal, relié au courant électrique, et au pied du lit une barre de fer qui attachait les deux pieds du prisonniers au lit. A coté une boîte de cartouches qui fait office de toilettes. Au mur une grande photo des corps retrouvés morts, ensanglantés. A la fenêtre des barreaux rendent impossible toute tentative de suicide ou d'évasion. En prétant attention au plafond, on aperçoit des tâches marrons, sûrement des éclaboussures de sang.
Dans le bâtiment B, les anciennes salles de classe ont été divisées en de multiples cellules d'environ 1,5m sur 2m. Toutes comportent une chaîne attachée au sol et une boîte de cartouches.Dans le bâtiment C se trouvent les photos prisent à l'entrée des prisonniers et après la torture. Des photos des surveillants leur font face, dans le but de retrouver une identité nationale et de réconcilier les deux camps. N'oublions pas que l'histoire n'est pas manichéenne: les KM n'ont pas hésité à tuer leurs propres soldats et des générations de bourreaux de cette prison furent tuées par leurs successeurs.
Le batiment D comportent des biographies et des (fausses) confessions des prisonniers.
La douche se résumait à un jet d'eau à travers les barreaux dans la pièce où les prisonniers mangent, dorment, et font leurs besoins. Un des quelques survivants raconte que lors de ses quatre mois d'incarcération, seule une "douche" lui a été donnée.
Le soir, certains prisonniers étaient emporté à quelques kilomètres pour leur execution. Les KM les frappaient à coups de pioche pour économiser l'argent d'une balle.
Cette visite nous a permis de decouvrir l'histoire des KM (qui controlerent le pays de 1975 a 1979) qui, etrangement, n'est pas du tout enseignee en France. La situation actuelle du pays est fortement due a cette période et la mémoire des KM est encore tres présente.
Cette visite nous a permis de decouvrir l'histoire des KM (qui controlerent le pays de 1975 a 1979) qui, etrangement, n'est pas du tout enseignee en France. La situation actuelle du pays est fortement due a cette période et la mémoire des KM est encore tres présente.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire