Qui sommes nous ?

Les Ainergiques, ce sont 6 jeunes gens nés en 1996, qui se sont découverts à travers l'aventure scoute, chez les Éclaireurs Unionistes.
Les Ainergiques, ce sont 6 amis, trois filles et trois garçons, qui attendaient de se rencontrer depuis toujours, qui ont appris à s’apprivoiser, à se comprendre, à partager.
Les Ainergiques, c'est une équipe, partie pour vivre un projet international, un projet d'animation pour enfants défavorisés. Un projet comme il y en a tant d'autres, qui ne changera pas le monde, mais qui apportera sa pierre, des sourires et des souvenirs à chérir.
Les Ainergiques, ce sont 6 jeunes gens, trois garçons et trois filles, que nous avons rencontré un jour comme un autre, devenu particulier.

Ce blog est pour vous qui souhaitez les suivre aussi et nous accompagner sur la route.
Ce projet, il est pour ces enfants cambodgiens vers qui nous allons, mais aussi pour nous, c'est une aventure humaine qui se construit chaque jour, avec notre motivation, avec votre aide et celle de tous nos partenaires.

Jérémy et Jonathan,
Responsables de l'équipe "Ainergiques"

samedi 6 septembre 2014

Voyage retour

   Avant de prendre l'avion, il nous fallut déjà rejoindre la capitale ! Le voyage retour en bus commença donc le 13 août au matin, vers 10h. Ce fut encore pire que l'aller avec la fatigue accumulée : c'était très dur de trouver le repos dans ces sièges et nos dos en furent meurtris. L'arrivée à Phnom-Penh se fit dans la soirée; nous prîmes 2 touk-touk comme à notre habitude pour rejoindre la même guesthouse que lors de nos premiers soirs sur le sol cambodgien. Une fois posés, nous partîmes manger dans un petit restaurant de la capitale, toujours en compagnie de Chan.
   La soirée fut utilisée en partie pour planifier le lendemain, soit le 14 août, jour au cours duquel nous devions prendre l'avion qui décollait à 18h10. Certains d'entre nous choisirent de se lever plus tôt (vers 8h) pour les derniers cadeaux au marché de Phnom-Penh, achetant par la même occasion notre petit-déjeuner. À 10h, dégustation de tout ça, et notamment du durian, le fameux fruit réputé comme étant le plus mauvais de la Terre ! C'était la première fois que nous en mangions et nous confirmons sa renommée : l'odeur est insoutenable et la texture des plus étranges. Quant au goût, c'est à peu près celui qui correspond à l'odeur... Le seul qui aimait cet aliment un peu fort, c'était Chan, à qui nous avons généreusement donné le reste.
   Cette épreuve passée, nous finîmes nos affaires avant de partir manger à nouveau dans un petit restaurant de la ville, pour la dernière fois.

Nous fîmes une ultime balade sur les rives avant de partir en touk-touk vers l'aéroport, pour quitter définitivement le pays. Nous attendîmes un peu avant de rentrer dans l'aéroport, discutant avec Chan qui nous présenta son petit frère, qu'il avait contacté pour notre départ.
   Finalement, l'heure fatidique arriva et nous nous séparâmes. Nous rentrâmes dans l'aéroport, passâmes la sécurité, puis prîmes l'avion pour Singapour. Sans encombre, nous repartîmes ensuite vers Amsterdam, de nuit, en prenant soin de contourner l'Ukraine par le sud. Puis un vol jusqu'à Prague. Là, nous avions une dizaine d'heures à attendre mais nous étions complètement vannés. Après avoir mangé tranquillement, nous décidâmes tout de même de visiter Prague, mais sans Jonathan ni Eliott qui préférèrent se reposer dans l'aéroport (ce qui nous arrangea beaucoup au niveau des bagages). Il fallut changer quelques sous en couronnes tchèques (eh oui, ce n'est pas encore l'euro là-bas), puis nous partîmes conquérir la capitale. Bus puis métro, nous sortîmes à une station à côté de laquelle devait se tenir un magnifique monument, très imposant. Eh bien c'était une antenne relais !!! Nous avions beaucoup rigolé à ce moment là. La visite continua encore quelques heures avant de repartir prendre l'avion vers Paris.








   Une sacrée nuit à Paris... Une des pires nuits que j'ai vécues. Nous arrivâmes à minuit à l'aéroport Charles de Gaulle, et nous devions embarquer 6 heures plus tard à Orly ! Nous passâmes longtemps à décider de ce que nous faisions, l'arrêt nocturne des transports en commun ne nous aidant pas beaucoup. Finalement, nous rejoignîmes l'appartement des grands-parents de Victoire, en centre-ville, que nous atteignîmes vers 2h. Et le réveil était planifié à 4h. Pas beaucoup d'heures de sommeil du coup... Et c'est exténués que nous prîmes un taxi à cette heure bien matinale, direction l'aéroport d'Orly.
   Nous arrivâmes enfin à Toulouse, à 8h10, accueillis par nos familles. C'était la fin de notre voyage. Mais pas de nos aventures !


vendredi 5 septembre 2014

Suite et fin du voyage : les temples d'Angkor


   Un petit moment de latence entre cet article et le précédent... N'ayant pas eu l'opportunité d'écrire cet article sur les lieux, sa rédaction est complètement sortie de nos têtes avec le retour en France.
   Mais mieux vaut tard que jamais et laissez-moi vous raconter cet épisode de notre périple. Nous avons donc quitté Kampot le 9 août au matin, pour Siem Reap. Il fallut se lever bien tôt ce jour-là, le bus partant à 7h ! Comme convenu avec la guesthouse, nous emmenions avec nous un passager de plus : Chan, le jeune homme auprès de qui nous passions commande pour les repas, qui nous donnait nos clefs, qui nous servait à table. Très sympathique, nous lui avions donc proposé de partir avec nous, d'autant plus qu'il n'avait jamais visité les temples d'Angkor, le plus célèbre monument du pays. Très content de cette proposition, il avait accepté après en avoir discuté avec sa famille.
   Le voyage aller fut long, les routes étant dans un état déplorable (je ne sais pas si on peut parler de route...). On sentait tous les mouvements du bus à travers nos sièges assez inconfortables. Il y eut un petit imprévu lorsque la clim tomba en panne sur le trajet Kampot Phnom-Penh, le chauffeur essayant de la réparer en vain. Nous roulâmes la porte ouverte, et comme il fallait rattraper le retard, nous empruntâmes une route plus rapide que celle qui était prévue, mais interdite aux bus... Le copilote prépara donc une liasse de billets, et lorsque nous passâmes devant le policier, la lui lança sans même que le bus ne s'arrête !

   Le bus que nous prîmes ensuite avait heureusement la clim. Je ne vais pas m'éterniser plus longtemps sur les transports et le film que nous avons vu dans le bus (en khmer sous-titré chinois), et passer à plus intéressant : l'arrivée à Siem Reap, la ville la plus touristique du pays (et ça se sent, il y a plus de guesthouses de luxe que d'habitations !). Nous rejoignîmes la guesthouse (une des moins chères de la ville, dans laquelle on pouvait tout de même jouer au billard et admirer la cuvette des toilettes de Pol Pot en personne !) et prîmes une décision douloureuse : réveil à 4h le lendemain pour admirer le lever du Soleil sur les temples ! Ce fut rude... Nous partîmes donc en touk-touk le lendemain, à 5h, pour s'arrêter d'abord au péage pour prendre les tickets avec des belles photos de nous à 5h du matin; enfin nous arrivâmes au temple le plus réputé, Angkor Wat. Nous restâmes donc devant pendant tout le lever du Soleil, malheureusement à contre-jour.

Puis nous visitâmes ce mastodonte de pierres taillées, magnifique mais une pointe de déception tout de même car le Soleil nous a empêché d'y voir clair et nous n'avons pas pu monter tout en haut du temple à cause d'une cérémonie religieuse (c'était censé être le plus beau temple donc nous avions peur pour les autres).
   L'après-midi fut consacrée à d'autres temples plus petits (mais quand-même grands), qui avaient tous leur charme malgré la destruction que beaucoup d'entre eux avaient subie et qui les rendaient incomplets (d'immenses efforts de rénovation ont été fournis). Ces temples sont d'une beauté unique, car les bâtiments sont très travaillés et les lieux environnants calmes et magnifiques (de la forêt et des collines à travers lesquels on peut parfois entendre les chants des oiseaux). Nous visitâmes un temple façon pyramide qui était incroyablement haut, et un de ses quatre côtés était sculpté en forme de Bouddha couché ! Bref, plein de petites merveilles dans ce style qui font la légende bien méritée de ces temples. Les arbres vieux de 500 ou 600 ans sont fréquents, dans cette forêt; ils atteignent au moins 30 mètre de haut. Revers de la médaille, certains poussent au milieu des temples et les détruisent, ce qui donne de superbes décors de cinéma (une des scènes du film Tomb Raider a été tournée devant un de ces arbres) mais n'aide pas à la conservation...

   Nous finîmes la journée par un temple du nom de Bayon, d'où nous vîmes le Soleil se coucher. Retour en touk-touk jusqu'à la gusthouse; nous sortîmes le soir pour visiter et trouver un endroit où manger (lasagnes pour les frères Dallaporta !).
   Le lendemain fut un peu plus reposant, le réveil ayant été programmé 3-4 heures plus tard. Après, le schéma de journée fut le même : visite de temples du matin au soir. Parmi ceux qui me reviennent encore clairement en tête, il y en a un organisé à nouveau en pyramide (mais moins imposant), un autre qui consiste en fait en un tout petit temple d'environ 10 mètres de haut et de 3 mètres de côté, inaccessible car entouré d'un bassin d'eau, lui-même entouré d'un carré de terre de plusieurs centaines de mètres de côté, lui-même derechef entouré d'un grand rectangle d'eau d'un bon kilomètre de côté ! Et tout ça creusé à la main il y a environ un millénaire... Le dernier que nous avons visité ce jour-là avait été choisi pour observer le coucher du Soleil : de structure pyramidale, il n'était pas particulièrement joli (c'était presque une terrasse en haut), mais possédait l'avantage d'être au sommet d'une haute colline et dominait ainsi toute la région, ce qui offrait un superbe panorama. Nous dûmes arriver en avance car la plate-forme n'étant pas immense, le nombre de places était limité, et nous arrivâmes donc vers 16h30-17h si ma mémoire est bonne; donc même si au Cambodge, la disposition des fuseaux horaires fait que le Soleil se couche bien plus tôt qu'en France, nous restâmes un moment au sommet à contempler le panorama avant de redescendre sur terre.


Petite anecdote, ce soir-là à la guesthouse, au cours d'une de nos parties de billard, nous vîmes un scorpion long d'une vingtaine de centimètres.
   Le troisième jour, la fatigue se faisait ressentir et la lassitude de certains d'entre nous envers les temples nous convainquit d'aller visiter un village flottant le matin. Après une demi-heure de touk-touk, nous arrivâmes au bord du lac Tonlé Sap, sur lequel nous embarquâmes et observâmes ce village qui porte bien son nom : toutes les maisons flottent sur l'eau et c'est assez impressionnant à voir; c'est une façon de vivre radicalement différente.

   Après avoir discuté avec Chan de nos plans, nous choisîmes de partir visiter ensuite un temple assez loin de là, pas exceptionnellement grand mais dont les pierres sont extrêmement bien taillées (une finesse des détails que nous n'avions pas vue jusqu'ici). Après avoir fini ce temple, nous nous séparâmes en deux groupes : Chloé, Victoire, Eliott, Samuel et Lucile choisirent de rentrer avec le premier touk-touk à la guesthouse et de se balader ensuite dans la ville. Ceux qui restaient (à savoir Jonathan, Jérémy, William et Chan), sous la proposition de ce dernier, décidèrent de partir revoir Angkor Wat, soi-disant le plus beau de tous les temples que nous avions visité le premier jour. Et bien ils ne furent pas déçus de cette proposition ! Car le Soleil était mieux placé dans le ciel pour pouvoir profiter de la vue et c'est là que nous nous sommes vraiment rendus compte de l'immensité de ce temple. Enfin et surtout, nous pûmes accéder à la partie supérieure du temple des temples, ce qui nous a vraiment montré toute la somptuosité de ce lieu ! Une vue imprenable de ce magnifique endroit surélevé.






Donc un conseil : si vous visitez les temples d'Angkor un jour, finissez par Angkor Wat.
   Ainsi s'achevèrent les trois jours à Siem Reap. La soirée se termina dans un restaurant breton, faisant aussi de la cuisine khmère en parallèle. Les plats étaient beaucoup trop épicés pour nos palais et l'estomac de William s'en souvient encore... pour avoir été malade pendant tout le retour (un conseil de sa part : si vous devez prendre un sachet de smecta, mettez-le dans l'eau avant de l'ingérer) !
   Et le lendemain, c'était le départ vers 10h pour la capitale, après les derniers achats au marché de Siem Reap.

dimanche 3 août 2014

Sur la route des surprises...


    Maintenant que vous connaissez mieux notre vie quotidienne à Kampot, laissez nous vous raconter plus en détails les activités que nous avons pu faire et qui sortent un peu de l'ordinaire.

     La première, dans l'ordre chronologique, qui mérite d'être mentionnée ici est la conception de divers objets courants (tasses, lampes,...) à partir de noix de coco. Ce fut toute la journée du 25 Juillet.

     Le lendemain après midi : Les scouts, le retour !
Il était prévu que l'on retrouve notamment la plupart de ceux que nous avions rencontré à Phnom-Penh, mais l'organisation souhaitée n'a pas du tout été respectée à cause de la pluie. De nombreux scouts ont donc été bloqués et ont manqué à l'appel. Fatigués par les activités des jours précédents, cette rencontre du coup peu organisée, malgré quelques jeux, a causé chez nous une certaine lassitude.
Jeu de présentation. Enoncez tous les prénoms des personnes avant vous avant de dire le votre. Grand moment de solitude quand on n'arrive même pas à prononcer le premier :s
Le repas, avec notamment au menu des poulpes, et la soirée dansante ont été dépaysant à plus d'un égard, on en retiendra l'expérience !

     Le jour suivant, nous dûment nous lever tôt pour aller au marché acheter notre repas du midi, voué à nous rassasier après un travail éreintant : la culture du riz !
Après un périple des plus mouvementés en Tuk-tuk, nous avons pu admirer la beauté et la quiétude de la campagne cambodgienne. Tout la matinée fut finalement consacrée à la conception du repas, à base de succulentes crêpes élaborés avec pour pâte du jus de riz écrasé et garnies d'une bouillie de poulets, crevettes et légumes divers. Le repas terminé, nous avons pu, l'espace d'une grande demi-heure, apprécier le labeur d'un "riziculteur" et admirer l'étendue de notre inexpérience tant nous étions incapables de respecter l'alignement des plants de riz. C'était à la fois très intéressant et drôle.
Supporters et remplaçants de folie
     Le soir même, Kaka (l'animateur le plus souvent avec nous) nous a amené participer à un match de foot à 6 contre 6. Seuls les garçons ont été autorisés à jouer, de grosses inégalités entre hommes et femmes perdurent dans ce pays.
Parmi les injustices, nous noterons ici la mise à l'écart de Jérémy qui, malgré qu'il réponde au premier critère, a été mis à l'écart pour son physique : plus grand d'une bonne tête que la majorité des Cambodgiens, il ne parvenait à entrer qu'un bras dans le maillot, et encore !
Pour les joueurs restants, ce fut une heure et demie bien physique, ponctuées par deux buts des Dallaporta, frappants tels des moustiques, furtifs et précis, acclamés par une foule en délire (constituée de 6 personnes...)

     Après notre jour de repos et un mardi à peu près habituel, nous voici propulsés au mercredi 30 Juillet. Au planning du jour : nourriture Khmer le matin, nourriture française l'après midi. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas passé autant de temps devant les fourneaux ! Le midi, nous avons donc mangé le traditionnel riz, accompagné d'oeufs au plat, de citrouille, d'une soupe de légumes et poissons, de la verdure et quelques racines. Très bon.
À notre tour, nous leur avons donc proposé de cuisiner le repas du soir. Nous débutons donc à 14h la cuisine, finie sur le fil à 18h30 pour manger.
Nous avons donc proposé, en ayant eu toutes les difficultés du monde pour trouver les ingrédients, des oeufs mimosa (mayonnaise maison !), Des croques monsieur (avec béchamel maison !) et leur salade, et en dessert des crêpes au sucre et au Nutella (non, pas maison) et du pain perdu.
Nous avons amplement profité de ce repas, féerique pour nous, alors que nos hôtes avaient toutes les peines du monde à apprécier les oeufs mimosa, le fromage des croques monsieur ou le verre de rouge (pourtant très bon !). Au final, tout le monde ou presque a trouvé son compte avec les crêpes, et le vin, trop fort pour eux, fut coupé avec de l'eau. Les alcools sont rares dans le pays et leurs organismes apparemment peu habitués...

William et Jérémy montrent, Victoire explique...
     Le lendemain après midi, nous devions organiser des activités un peu particulières. En premier lieu, le directeur de la MJC nous avait demandé de proposer une formation aux premiers secours. Un peu complexe à expliquer du fait de la barrière de la langue, l'activité semble malgré tout avoir été comprise.
La seconde activité était dédiée à une présentation de notre ville, Toulouse, et du système de récupération des ordures. Comme vous avez dû le ressentir dans nos précédents articles, les cambodgiens n'ont pas la culture de la poubelle, ce qui donne à voir des villes malheureusement très sales.
Les deux vidéos avaient donc cet objectif de sensibiliser à l'importance de ce geste simple pour le confort de chacun. Le directeur nous a bien aidé en traduisant chacune de nos interventions en Khmer. Nous espérons qu'au moins un peu de notre message soit passé...

Non, ça ne se voit pas beaucoup mais il pleut !
    Le mois suivant (ou le lendemain tout simplement), nous nous sommes chargés de l'organisation d'Olympic Games, grand tournoi de différents jeux sur toute la journée.
Malgré un nombre de participants plus réduit qu'annoncé (une vingtaine au lieu d'une trentaine), les enfants ont eu l'air de prendre beaucoup de plaisir à découvrir nos jeux, et sous une pluie battante, leur enthousiasme a été pour nous un vrai soleil, à travers lequel perçait le chant des cigales de mon enfance (métaphore marseillaise, à apprécier avec un pastis et des cacahuètes).

Je tiens à m'excuser pour cette dernière blague.

Le saviez-vous : Les Khmers se baignent tout habillés...
     Enfin le surlendemain (vérifiez les comptes, si vous n'êtes pas au 3 Août c'est que vous avez raté un jour !), la MJC avait organisé pour nous et une vingtaine d'enfants une sortie vers Kep. Après trois quarts d'heure de Tuk-tuk, nous avons visité une culture de poivre de Kampot (le "meilleur du monde" parait-il). Nous sommes ensuite allé à Kep, où nous avons pu découvrir l'océan Indien et nous rendre compte que certains enfants ne l'avaient encore jamais vu.
Nous nous y sommes donc baignés, profitant d'un inhabituel jour de soleil, jusqu'à l'arrivée d'un serpent de mer qui manqua de manger Jérémy. Un cambodgien mit fin à ses jours et nous pûmes le traîner sur la plage pour l'exhiber fièrement devant les badauds (le serpent, pas Jérémy).
Un singe.
Nous rencontrâmes également un serpent terrestre et des singes, mais nous étant construit une solide réputation, ils ont tranquillement passé leur chemin sans demander leur reste.
C'était une fort belle journée.

Au jour de rédaction de cet article, nous sommes dimanche, le 4 Août. Notre jour de repos n'étant que demain, je remercierai, au vu de ma fatigue évidente, les lecteurs de bien vouloir excuser quelques blagues hasardeuses.

Nous prenons beaucoup de plaisir ici et vivons des expériences incroyables. Nous espérons que ce blog contribue à vous les faire partager,

Les Ainergiques.

La vie à Kampot

     Nous sommes arrivés à Kampot le 21 au soir. Dès le lendemain matin, nous commencions notre rôle d'animateur à la MJC. ( Maison de la Jeunesse et de la Culture)
Nos journées types se présente généralement comme suit :
     Lever 8h, petit déjeuner à la guest house.
     À 9h pétantes, nous sommes devant la MJC, déjà prêts à attaquer une rude journée.
     Nous enchaînons  plusieurs activités , telles que d'innombrables splick-splock, des parties de foot sous la pluie, du ping-pong, du volley, et parfois plus lorsque nous sommes en charge de l'organisation... Nous assistons le prof de français durant ses cours, 2h par jour (11-12h / 18-19h).
     Les enfants de la MJC ont entre 10 et 15 ans et la plupart d'entre eux ne parlent ni français ni anglais. Le rôle des animateurs est donc crucial pour la communication! Nous restons le plus souvent avec Kaka, un jeune de 20ans qui apporte énormément de motivation. Malgré cette barrière de la langue, nous arrivons à nous comprendre : des regards complices, des sourires : le rire reste universel !
     Le reste de l'équipe de la MJC est engagé de façon plus épisodique pour les enfants, dans le cadre de cours où d'activités spécifiques. Ils sont tous très souriants et bienveillants à notre égard.
     Le soir, nos journées se finissent à 19h, et nous repartons fatigués et épuisés, mais heureux de la journée passée avec les enfants, et impatients du lendemain.
Nous dînons à la guest house, qui se situe à 2 minutes de la MJC. Nous y retrouvons notre petit confort et le chaleureux accueil des propriétaires.
Nous prenons la plupart du temps, tous les repas de la journée à la guesthouse. Ce sont des plats de nouilles ou de riz, à 1$/pers, qui sont excellents ! Nous les complétons avec des fruits ou des pâtisseries achetés auparavant sur le marché. Nous allons ensuite nous reposer, réunioner, ou encore faire une partie de cartes ensemble pour finir cette longue journée.
Nous avons 2 chambres, éloignées du reste, ce qui nous permet d'être à l'écart, d'avoir notre endroit à nous, sans avoir à se soucier des voisins.
    La guesthouse appartient à un vieux monsieur qui parle un peu français, survivant de l'épisode des Khmers Rouges dont il nous a raconté quelques épisodes. Ses petits enfants l'aident, et nous nous sommes pris d'amitié pour l'un d'entre eux, avec qui nous partons demain pour visiter la montagne Bokor. 

   Il y a peu de jours qui se ressemblent ici, à chaque journée sa part de surprise, mais ceci est l'objet d'un autre article...

lundi 28 juillet 2014

La vie à Phnom-Penh

Que dire de la vie à Phnom-Penh...
 
Tout d'abord sur la circulation. La chose la plus flagrante sur les routes de Phnom-Penh c'est la circulation. À part quelques feux rouges tous les 15 km personne ne respecte rien ! La moitié des gens sont en scooter ou en moto, ce qui leur permet de passer un peu partout. Il y a énormément de monde en sens interdit et à travers la route. Les gens sont à 4 sur leur scooter, avec leurs enfants et leurs chiens dans les bras. On traverse quand on peut (ou quand on veut...). Tout le monde klaxonne en permanence, plus pour prévenir de sa présence que faire avancer les autres.
En sortant de l'aéroport, on a pris le transport le plus répandu, le Tuk-Tuk une carriole à 4 places accrochée à une moto. C'est dingue, on passe à 20 cm de tous les autres véhicules. Du Tuk-Tuk on pouvait avoir une première vue de la ville et un premier ressenti de l'ambiance.

Côté météo il fait super chaud. Il n'y a pas forcément de soleil, mais la température est très élevée, et l'air est très humide. On fini par s'y habituer, même si on est toujours mieux devant un ventilateur.
Sinon il pleut quelques fois, souvent une à deux fois en début d'après midi, une averse énorme qui dure peu.

Ce qui est désagréable dans l'atmosphère de la ville c'est pas tellement la température mais les odeurs. Il y en a énormément, et presque aucune d'entre elles n'est agréable... Avec tous les déchets sur le sol, on sent en permanence les égouts, les déchets, la pollution...
Dans les marchés il y a aussi beaucoup d'odeurs (tous les 5 m une nouvelle odeur), c'est la caverne d'Ali baba pour les narines...

Les prix sont assez variables en fonction de la tête du client. On a par exemple voulu acheter deux fruits du dragon. Le vendeur nous a dit 1500 riels, sa femme arrive, rectifie le prix et nous dit 4 dollars soit 16000 riels !
On a quand même réussi à trouver quelques endroits où le prix n'était pas trop élevé, dont notamment chez une femme au bord de la route où les repas étaient à 1/2 dollar par personne.
La nourriture est principalement du riz ou des nouilles assaisonnées, et on choisit ce que l'on met avec : brochette de grenouille, poisson grillé, oeufs (qui sont d'ailleurs super bon), de la viande séchée, des escargots, du soja, du fromage immonde, du rat, du porc, du boeuf... 

Niveau fruits on a goûté le fruit du dragon, gros fruit rose à l'extérieur et blanc et noir à l'intérieur à la texture et au goût du kiwi. Il y a aussi des fruits qui ressemblent à des litchis, dont certains sont immangeables car le goût et mauvais. On n'a toujours pas goutté de durian mais je ne sais pas si cela nous tente vraiment ...
Une dernière chose, la pollution. Je parlais tout à l'heure des odeurs. Comme je le disais, la pollution est le premier facteur. Là-bas il n'y a pas de poubelles, on met tout dans la rue. Il est presque anormal de trouver un endroit propre. Il y a des piles  de 50 cm de déchets qui jonchent les rues... La ville entière (sauf le palais royale) est dégoûtante.  La plupart du temps,  ces déchets sont fouillés par des personnes démunis. Les visions que l'on a peuvent être assez troublantes : Une odeur insupportable,  des détritus partout, et des cambodgiens qui y cherchent de la nourriture ou des richesses...

mercredi 23 juillet 2014

Scouts de l'autre côté du monde...

Le quatrième jour à Phnom-Penh fut le plus riche en émotions. Après une matinée tranquille, nous avons pris le tuk-tuk à 13h pour un lycée Khmer où nous attendaient plusieurs dizaines de scouts de la capitale et de "scouts" affiliés à la croix rouge Khmer.

Le temps que tout le monde arrive, nous avons pu discuter avec un de leurs chefs, Sothea, visiblement ravi de pouvoir échanger avec nous (dans un anglais impeccable). Leurs uniformes se composaient d'une chemise beige, bien plus légère que les nôtres, d'un pantalon noir et d'un béret pour certains. Les couleurs des foulards dépendaient quant à elles du statut et de l'âge de leurs détenteurs (leaders, rovers, scouts...) et non du groupe de rattachement comme chez nous.

Après l'arrivée des derniers, nous avons pu débuter les activités. Les scouts cambodgiens, rangés en colonnes, débutèrent par une cérémonie pour honorer Bouddha et répéter leur promesse scout. Ils nous proposèrent ensuite trois jeux différents, pour lesquels l'équipe perdante fut condamnée à un gage : danser. Grand moment de fou rire pour certains, petit moment de solitude pour d'autres !
Nous leurs avons à notre tour appris quelques jeux, notamment le shplik-shplok pour ceux qui connaissent.
L'ambiance était très bonne, et nous finirent la partie avec des "cris de guerre" de chaque côté : le What and show pour notre part.

Pour clôturer cette échange de jeux, nous participâmes à une cérémonie, où face à face, nos deux groupes se saluèrent du signe scout, pendant que Jonathan et Sothea échangeaient leurs foulards.

La journée se finit sur deux chants, tous ensemble, en cercle resserré, à la façon dont nous chantons notre cantique. Les scouts cambodgiens ont interprété leur chant national, nous le chant "bonsoir tous à la ronde, que l'amitié soit dans le monde".
Les "au revoir" furent marqués par de nombreuses photos, en groupe puis avec chaque scout, tout en se promettant de se retrouver dans une semaine, à Kampot, où certains d'entre eux vont camper.

Au moment de partir, les sourires étaient sincères. Merci à nos amis Khmères pour cette belle journée.

samedi 19 juillet 2014

Samedi 19 juillet, deuxième journée à Phnom penh: visite de Tuol Sleng

Ce matin nous nous sommes rendus en tuk tuk (le taxi local: une cariole attachée à une mobilette) au Musée du génocide, aussi appelé S21 durant la Kampchea Démocratique, sous les Kherms Rouges, ou Tuol Sleng. C'est dans un lycée de Phnom Penh que les KM ont décidé d'installer en 1975 ce qui fut le plus grand centre de détention et de torture du Cambodge. Quoi de plus symbolique que la reconversion d'un lycée en prison pour illustrer la politique khmère: destruction de toute intelligence et répression poussée à l'extrême. Il suffissait alors de porter des lunettes, d'avoir les cheveux longs, d'être en possesion d'un stylo ou de parler une langue étrangère pour être considéré comme intellectuel et d'être alors éliminé. Les KM se débarassaient aussi des opposants à la révolution, sans distinction faite entre hommes, femmes, enfants et étrangers. Quatre années sous ce régime entrainèrent la mort d'au moins deux millions d'habitants. 
En entrant dans l'enceinte du lycée, on arrive au pied du bâtiment A, face à quatre tombes. Il s'agit des corps retrouvés dans les cellules "spéciales" (prisonniers religieux ou politiques) lorsque les Vietnamiens ont libéré la prison. A côté d'eux, se trouve les barres de tractions que les KM ont utilisé comme instrument de torture. Ils plongaient ensuite la tête de leur victime dans un seau rempli d'eau et d'engrais afin de les réanimer et de reprendre leur sale besogne. Les bâtiments sont tous composés de trois étages. 

Dans le bâtiment A se trouvent des cellules de 10m sur 5m environ. Au centre de la pièce un lit en métal, relié au courant électrique, et au pied du lit une barre de fer qui attachait les deux pieds du prisonniers au lit. A coté une boîte de cartouches qui fait office de toilettes. Au mur une grande photo des corps retrouvés morts, ensanglantés. A la fenêtre des barreaux rendent impossible toute tentative de suicide ou d'évasion. En prétant attention au plafond, on aperçoit des tâches marrons, sûrement des éclaboussures de sang.








Dans le bâtiment B, les anciennes salles de classe ont été divisées en de multiples cellules d'environ 1,5m sur 2m. Toutes comportent une chaîne attachée au sol et une boîte de cartouches.






Dans le bâtiment C se trouvent les photos prisent à l'entrée des prisonniers et après la torture. Des photos des surveillants leur font face, dans le but de retrouver une identité nationale et de réconcilier les deux camps. N'oublions pas que l'histoire n'est pas manichéenne: les KM n'ont pas hésité à tuer leurs propres soldats et des générations de bourreaux de cette prison furent tuées par leurs successeurs. 

Le batiment D comportent des biographies et des (fausses) confessions des prisonniers. 

La douche se résumait à un jet d'eau à travers les barreaux dans la pièce où les prisonniers mangent, dorment, et font leurs besoins. Un des quelques survivants raconte que lors de ses quatre mois d'incarcération, seule une "douche" lui a été donnée. 
Le soir, certains prisonniers étaient emporté à quelques kilomètres pour leur execution. Les KM les frappaient à coups de pioche pour économiser l'argent d'une balle.  

Cette visite nous a permis de decouvrir l'histoire des KM (qui controlerent le pays de 1975 a 1979) qui, etrangement, n'est pas du tout enseignee en France. La situation actuelle du pays est fortement due a cette période et la mémoire des KM est encore tres présente.